Comment réaliser la sauvegarde de vos serveurs ?

Publié le 27 février 2025 par Loic SIMONAZZI-HUET, Infrastructure Specialist L3

La donnée est devenue tellement cruciale qu'en perdre, même pour une courte période, peut entraîner des interruptions d'activité coûteuses. Dans certains cas, cela peut même entraîner des conséquences légales. Ainsi, la protection d'un serveur ne se limite pas simplement au backup des données, mais s'étend également à la restauration complète du système. La conception d'une stratégie de sauvegarde est donc d'une importance capitale pour les entreprises. Elles doivent élaborer une politique sur-mesure, adaptée à leurs besoins spécifiques, car celle-ci dépend de nombreux paramètres.

Pourquoi faire des sauvegardes de vos serveurs ? 

Garantir la continuité d'activité et éviter la perte de données 

Toutes les entreprises disposant de serveurs informatiques doivent impérativement les sauvegarder. La donnée est devenue essentielle pour celles dont le numérique constitue tout ou partie de leur activité. Un serveur en panne ou hors service, quelle qu'en soit la cause, peut rapidement devenir un problème majeur aux lourdes conséquences. Les raisons sont évidentes : perdre des données entraîne au minimum une perte financière, et si elles deviennent inaccessibles, cela perturbe également le bon fonctionnement de l'activité de l'entreprise. 

Vu sous cet angle, conserver son serveur dans un état stable et opérationnel est donc primordial. Pour ce faire, une stratégie adéquate et cohérente avec des objectifs qui peuvent aller de la « simple » sauvegarde à la restauration complète d’un système est indispensable.  

Évidemment, elle doit prendre en compte un large éventail de paramètres, qu'ils soient réglementaires ou liés aux spécificités métiers. Il est surtout crucial de bien distinguer la sauvegarde des données et la restauration complète d'un système. La première consiste à conserver une copie des fichiers ou des bases de données, tandis que la seconde implique la remise en état intégral d'un serveur, incluant le système d'exploitation, les configurations, et les applications. Cette distinction est essentielle car la complexité et le temps nécessaires pour une restauration complète dépassent largement ceux requis pour une simple récupération de fichiers. 

5 étapes pour une stratégie de sauvegarde efficace 

Comprendre et cartographier 

Avant toute chose, et comme pour toute création de politique IT, il est essentiel de bien connaître son environnement. Dans ce contexte, il est crucial de comprendre le rôle de chaque serveur au sein de votre infrastructure. Il peut s'agir d'un serveur applicatif, de stockage, ou même d'un serveur combinant les deux fonctions. Cette cartographie est indispensable pour identifier les éléments critiques à protéger. 

Par exemple, un serveur applicatif nécessite une sauvegarde régulière des applications et de leurs configurations, tandis qu'un serveur de stockage demandera une attention particulière aux fichiers et bases de données qu'il héberge. 

Il existe d'ailleurs une grande variété de serveurs, parmi lesquels on peut citer, sans être exhaustif : les serveurs de fichiers, Web, de bases de données, de messagerie, d'applications, FTP, etc. 

 

Organiser le backup et les types de sauvegarde 

Une stratégie de sauvegarde ne se résume pas à une simple copie de données. Elle doit être structurée pour répondre aux divers besoins de l'entreprise, car il n'existe pas « une » seule sauvegarde, mais bien plusieurs types distincts. 

  • Backup des données : il s'agit de la sauvegarde des fichiers, bases de données, et autres informations critiques. C'est le type le plus courant et souvent le plus fréquemment utilisé.
  • Backup de l'environnement complet : cela englobe non seulement les données, mais également le système d'exploitation, les configurations de réseau, et les paramètres des applications. Il est essentiel pour une restauration rapide en cas de panne majeure. 
  • Backup des configurations : les configurations spécifiques des serveurs, des applications et des réseaux doivent être sauvegardées séparément pour permettre une restauration rapide sans avoir à reconfigurer manuellement chaque aspect du système. 

Au-delà de ces éléments, l'entreprise doit également tenir compte des différentes technologies utilisées, qu'elles soient logicielles (comme Windows Server, Apache, etc.) ou matérielles (NAS, serveurs bare metal, environnements virtuels, etc.). 

Plan de sauvegarde : protection d’un hôte Hyper-V et de son cluster via une sauvegarde complète vers le cloud.


Définir la récurrence des sauvegardes 

La fréquence des sauvegardes doit être adaptée aux besoins spécifiques de l'entreprise. Un process quotidien peut suffire pour des données peu critiques. Pour des départements sensibles, comme la comptabilité ou pour des entreprises soumises à des réglementations strictes, une démarche plus régulière est nécessaire. 

Il est également important de penser à la granularité de la restauration. Plus les sauvegardes sont fréquentes, plus elle est fine, permettant de restaurer les données à un moment précis avec une perte minimale. 

 

Choisir les supports de sauvegarde 

Le choix des supports doit prendre en compte le coût et l'espace de stockage. Une sauvegarde de courte durée (par exemple, une semaine de données) est évidemment moins coûteuse qu'une autre à long terme (plusieurs années de données). 

Le choix entre ces options dépendra de l'environnement de l'entreprise, de la récurrence, et des contraintes budgétaires. Quoi qu’il en soit, c’est un réel sujet financier. D’abord car la dépense n’est pas anodine, mais aussi car elle peut et doit être optimisée intelligemment. Sacrifier en partie la flexibilité du cloud peut se révéler opportun si une solution de sauvegarde sur site (on premise) est plus économique par exemple.  

 

Définir les technologies de backup et de restauration 

Ce n'est qu'après avoir parcouru toutes ces étapes qu'il devient possible de choisir une technologie adaptée à un contexte spécifique. Les outils de sauvegarde et de restauration varient en effet en fonction des types de données. Par exemple, la sauvegarde d'une base de données nécessite des outils spécialisés qui ne se contentent pas de simplement copier les fichiers, mais qui assurent également la cohérence des données ; on ne peut pas simplement faire un copié/collé d’une base de données

Enfin, les solutions retenues doivent s'aligner sur la stratégie globale. La planification des backups doit intégrer les arrêts de service parfois nécessaires, rendant cette étape cruciale pour minimiser les interruptions et garantir une sauvegarde efficace. 

 

Différence entre backup et versionning 

Le backup consiste à créer une copie de l'ensemble des données à un moment donné. En revanche, le versionning conserve plusieurs versions d'un fichier ou d'une base de données, permettant de revenir à une version antérieure spécifique. C’est particulièrement utile pour les fichiers qui changent fréquemment, comme les documents de travail, tandis que le backup assure la sauvegarde complète des données à intervalles réguliers. 

La sauvegarde comme élément de sécurité à part entière 

Le backup des données et la capacité de restauration sont des éléments essentiels de la sécurité d'une entreprise, au même titre que les antivirus ou les pares-feux. Ils permettent de se protéger contre divers incidents, accidentels ou intentionnels, tels que la perte de données due à une erreur ou à une menace extérieure. 

Si la sauvegarde serveur a pour rôle de conserver les données pour des durées variables, celles-ci doivent également être sécurisées en fonction de plusieurs critères, tels que la criticité des informations ou leur provenance. Bien qu'il n'existe pas de règle universelle, les infogéreurs recommandent généralement de chiffrer intégralement toutes les données provenant de l'extérieur de l'entreprise, c'est-à-dire des environnements non maîtrisés. En revanche, les données locales ou internes sont souvent laissées non chiffrées. 

Protéger les données est essentiel, mais le chiffrement peut aussi être perçu comme une contrainte, car il ralentit le processus de sauvegarde et allonge le temps de restauration. Là encore, une stratégie sur-mesure est recommandée en fonction de ces différents paramètres. 

Gestion de l'archivage et de la suppression des données 

Qui dit sauvegarde dit également conservation. Que ce soit pour répondre à des obligations légales, comme le RGPD, ou pour se conformer à des réglementations spécifiques, notamment dans le secteur financier, les entreprises doivent archiver leurs données sur des périodes variables. 

Ce sujet est d'autant plus crucial qu'il comporte des enjeux économiques et, dans certains cas, logistiques. En effet, conserver de grands volumes de données sur le long terme peut rapidement devenir encombrant, tant sur le plan financier que physique. 

Il est donc essentiel de concevoir une stratégie d’archivage adaptée pour gérer à la fois les coûts et l'espace de stockage. Celle-ci doit être ajustée en fonction de la typologie des données : un e-mail n'exige pas les mêmes ressources qu'un fichier Word ou une base de données. 

 

Gestion du cycle de vie des données : archivage et suppression programmés des fichiers obsolètes.

 
Penser le cycle de vie de la donnée 

En général, les données sont progressivement transférées vers des supports d'archivage moins coûteux au fil du temps. Par exemple, si la production utilise souvent des SSD pour leurs performances, les données archivées peuvent être déplacées sur des disques mécaniques, qui sont moins véloces mais plus abordables financièrement. De plus, une politique d'archivage efficace inclut également des règles de suppression des données après une certaine période. 

Il est également important de souligner que le cycle de vie des données est étroitement lié à la stratégie de sauvegarde des serveurs. Une gestion judicieuse de l'archivage permet non seulement de réduire les coûts, mais aussi de faciliter les opérations de backup et de restauration. 

Ce qu'il faut retenir

  • #1
    Une stratégie de sauvegarde bien conçue est essentielle pour assurer la continuité d'activité et éviter les pertes de données. Elle doit inclure la sauvegarde des données critiques, la restauration complète du système en cas de panne majeure, et être adaptée aux besoins spécifiques de chaque entreprise en fonction des réglementations et des contraintes métiers.
  • #2
    Le choix des technologies et des supports de sauvegarde doit être soigneusement réfléchi. Une bonne stratégie doit prendre en compte la fréquence, la granularité de la restauration, et le coût des supports utilisés, qu'ils soient sur site ou dans le cloud, pour optimiser à la fois les dépenses et l'efficacité des processus.
  • #3
    L'archivage des données et la gestion de leur cycle de vie sont cruciaux pour réduire les coûts et respecter les obligations légales. Une politique d'archivage efficace implique le transfert progressif des données vers des supports moins coûteux, ainsi que la mise en place de règles de suppression des données après une certaine période, tout en facilitant les opérations de sauvegarde et de restauration.
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photo de Loïc SIMONAZZI-HUET
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Expert en architectures cloud, Loïc accompagne les entreprises dans la sécurisation et l’optimisation de leurs infrastructures IT. Sa vision des technologies interconnectées lui permet de concevoir des solutions où la robustesse n'entrave jamais l'agilité. Spécialiste du 100% cloud, de la cybersécurité et des plans de reprise d’activité, il conçoit des architectures réseau robustes et interconnectées. Toujours en quête de nouvelles technologies, il aime relever les défis techniques et structurer des solutions sur mesure pour garantir performance, fiabilité et continuité d’activité.

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